Jeff Herold

Jeff Herold, Portfolio Manager, Natixis Canadian Preferred Share Fund

Le marché des actions privilégiées a enregistré un bon mois de septembre, même si les autres titres à revenu fixe, comme les obligations, ont connu des difficultés. Les investisseurs dans ce segment se sont concentrés sur la conjoncture économique favorable et la bonne solvabilité des entreprises et ont ignoré les événements géopolitiques et les ouragans. Les actions privilégiées ont profité d’une hausse plutôt surprenante des taux d’intérêt par la Banque du Canada (BdC). L’indice des actions privilégiées S&P/TSX a dégagé un rendement de 1,36 % en septembre.

Le 6 septembre, la BdC a surpris de nombreux intervenants du marché en augmentant pour une deuxième fois de suite son taux cible du financement à un jour de 25 points de base. Ce faisant, elle a annulé les réductions de taux opérées en 2015. Cette mesure de la Banque, combinée à la faiblesse du marché obligataire américain, a entraîné une augmentation mensuelle de 27 points de base des rendements des obligations du Canada à cinq ans. Les actions privilégiées à taux fixe révisable ont profité de cette mesure, qui signifie que les taux de dividende seront plus élevés au moment de la prochaine révision. En moyenne, les actions privilégiées à taux fixe révisable ont inscrit un rendement de 2,2 % en septembre. La hausse de la BdC a eu une incidence encore plus positive sur les actions privilégiées à taux variable qui ont gagné 2,8 % pendant le mois. Si la politique de la BdC s’avérait plus dure que prévu, cela entraînerait une envolée des bons du Trésor à trois mois, ce qui de surcroît, ferait augmenter les dividendes des actions privilégiées à taux variable. En revanche, les actions privilégiées perpétuelles ont perdu un peu de valeur en raison de la hausse des rendements des obligations à long terme.

Deux nouvelles séries d’actions privilégiées ont été émises en septembre – les actions à taux fixe révisable de Brookfield Asset Management et les actions fractionnées rachetables au gré du porteur de sept ans de Partners Value Split Corp. Les détails de ces émissions sont présentés ci-dessous :

Un rachat a été annoncé en septembre. La Banque Nationale rachètera ses actions NA.PR.O le 15 novembre. Les actions ont été émises il y a cinq ans et n’étaient pas assorties d’obligations de fonds propres d’urgence en cas de non-viabilité (FPUNV), ce qui signifie que le capital réglementaire perdait de la valeur. Le 1er janvier 2022, toutes les actions privilégiées bancaires non associées à des fonds propres d’urgence en cas de non-viabilité (FPUNV) recevront un capital de 0 %; nous prévoyons donc que les actions émises par les banques avant 2014 (lorsque la première mention des FPUNV a été faite) seront rachetées à la valeur nominale à la prochaine date de rachat possible.

Au cours des derniers mois, les actions privilégiées à taux fixe révisable effectuant une révision de leurs dividendes n’ont pas réussi à attirer suffisamment de participation à l’option à taux variable pour enclencher la création de la série à taux variable. En général, pour créer la série, les titulaires d’au moins 1 000 000 d’actions doivent choisir de les convertir en actions à taux variable. Si ce nombre d’actions à convertir n’est pas atteint, les actions doivent rester dans des séries à taux fixe. En septembre, les taux de dividende d’au moins cinq séries (MFC.PR.I, TA.PR.H, BIR.PR.A, VSN.PR.A et AX.PR.A) ont été révisés et aucune série n’a obtenu suffisamment de participation pour l’option à taux variable. Étant donné que les banques centrales du monde, y compris la BdC, semblent être entrées dans un cycle de resserrement qui entraînera une hausse des taux des bons du Trésor, le manque d’intérêt pour les actions privilégiées à taux variable est quelque peu surprenant.

L’écart entre les taux de référence des séries à taux fixe et à taux variable pourrait expliquer le faible nombre d’investisseurs optant pour les séries à taux variable. Les dividendes à taux fixe ont pour référence les rendements des obligations du Canada à cinq ans, alors que les actions privilégiées à taux variable ont pour référence les bons du Trésor à trois mois. Comme indiqué dans le graphique ci-dessous, l’écart entre les deux références varie considérablement. Aujourd’hui, si le taux de dividende d’une action privilégiée était révisé, le taux fixe sera environ 75 pb plus élevé que le dividende à taux variable initial. Pour que les séries à taux variable bénéficient d’un taux de dividende supérieur, la BdC devrait augmenter les taux au moins trois fois de plus. Cela pourrait prendre plusieurs mois, mais c’est une possibilité vraisemblable, en particulier si la Réserve fédérale américaine recommence à augmenter ses taux.

Les actions TRP.PR.I illustrent bien les avantages des actions à taux variables. En janvier 2016, le taux de dividende des actions TRP.PR.C a été révisé et environ 1 300 000 actions ont été converties dans la série TRP.PR.I à taux variable. Les actions à taux variable ont initialement reçu environ 25 pb de moins que les actions à taux fixe. Cependant, après les deux relèvements de taux de la BdC, le taux de dividende des actions TRP.PR.I sera supérieur au taux fixe des actions TRP.PR.C. De nouvelles hausses de taux de la BdC augmenteront l’avance des actions à taux variable.

À la fin du mois, la Banque de Nouvelle-Écosse a annoncé qu’elle émettrait un nouveau type de titres participatifs pouvant être admissibles comme titres de capitaux propres de catégorie 1 non traditionnels aux États-Unis. Avant cela, seules les actions privilégiées étaient admissibles comme titres de capitaux propres de catégorie 1 non traditionnels; les nouveaux titres participatifs pourraient réduire l’offre d’actions privilégiées des banques canadiennes s’ils s’avèrent populaires auprès des investisseurs. Ces titres sont de rang très inférieur aux autres titres de créance des banques, ils sont assortis d’obligations de FPUNV qui pourraient entraîner leur conversion en actions ordinaires et leur cote de BBB- est à la limite de la catégorie de qualité supérieure. Un aspect important de ces titres est que la banque a la possibilité d’arrêter de verser les intérêts associés pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. L’émission de ces titres est relativement plus chère pour la banque que celle d’actions privilégiées, car le taux d’intérêt est légèrement plus élevé que les taux de dividende des actions privilégiées et l’intérêt n’est pas déductible d’impôt pour la banque. Cependant, les titres participatifs ont été conçus pour des investisseurs très différents des acheteurs d’actions privilégiées, et ils ont donc le potentiel d’être une nouvelle source de capital pour la banque. Nous surveillons le succès du financement de la Banque de Nouvelle-Écosse, car il pourrait réduire l’offre d’actions privilégiées.

Fonds Natixis actions privilégiées canadiennes
Le rendement mensuel positif du Fonds s’explique principalement par la volatilité de la valeur des placements individuels. Les placements qui avaient accusé du retard sur le marché en août se sont redressés en septembre.

Pendant le mois, nous avons légèrement abaissé à 30 % la pondération des placements en actions privilégiées perpétuelles en réduisant plusieurs placements. Les actions privilégiées à taux révisable représentent la principale composante du Fonds avec une pondération de 60 %. Les actions privilégiées à taux variable représentent 4 % et la trésorerie 6 %. En raison de l’acquisition de Veresen par Pembina, laquelle devrait être conclue sous peu, nous avons vendu notre position VSN.PR.A pour ramener la pondération de l’entité fusionnée à notre limite opérationnelle de 5 %.

Perspectives du marché et stratégie
Les actions privilégiées restent intéressantes. Exception faite de la récente hausse des taux obligataires, nous sommes encore dans un contexte de faiblesse des taux et les rendements de 5,00 % obtenus par les portefeuilles d’actions privilégiées sont très intéressants. De plus, l’absence de corrélation avec les obligations sera très utile si le marché obligataire continue de vaciller et si les taux obligataires augmentent.

Comme indiqué précédemment, si l’émission des nouveaux titres de la Banque de Nouvelle-Écosse est couronnée de succès, cette nouvelle forme du capital bancaire réduira l’émission d’actions privilégiées par les banques canadiennes. La baisse de l’offre soutiendra les valorisations des actions privilégiées.

Nous continuons de surveiller étroitement le marché pour repérer des occasions d’achat et de vente. Dans certains cas, les prix des actions privilégiées ont dépassé leur juste valeur et nous essayerons de réaliser des profits. Dans d’autres cas, certains titres sont devenus relativement bon marché et nous les ajouterons au portefeuille. Citons notamment les actions privilégiées perpétuelles qui génèrent un rendement de plus de 5,50 %. Nous surveillerons également l’incidence possible des obligations structurées liées aux actions privilégiées en liquidant leurs couvertures dans les prochains mois. En octobre dernier, nous avons signalé le lancement d’une émission à grande échelle d’obligations structurées généralement remboursables après un an en cas d’appréciation des actions privilégiées de référence, ce qui fut le cas. Si ces titres sont remboursés, les couvertures seront liquidées, ce qui pourrait conduire à la vente des actions.

Pour en savoir davantage sur les Fonds Natixis actions privilégiées canadiennes, veuillez communiquer avec votre conseiller financier.

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